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"Qu’est ce que le travail en 2018 ? Pourquoi...

"Qu’est ce que le travail en 2018 ?

Pourquoi les jeunes diplômés de grandes écoles quittent leurs jobs payés 4000€/mois pour faire autre chose ?

Article mis en ligne le 27 septembre 2018
dernière modification le 29 décembre 2018

par admin1
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"Qu’est ce que le travail en 2018 ?

Pourquoi les jeunes diplômés de grandes écoles quittent leurs jobs payés 4000€/mois pour faire autre chose ?

Le syndrome de : « j’arrête tout pour partir élever des chèvres dans le Larzac », se propage de plus en plus dans notre jeunesse.
Le capitalisme invente des tâches inutiles, dénuées de tout sens.
Le livre de David Graeber part d’un article qu’il a publié dans le magazine gauchiste « Strike ! », en août 2013 .
Dans ces lignes, il y parlait du « Bullshit Job » : traduit par « boulot à la con » . Ces postes qui ne servent à rien, et qui parfois entravent même à détruire ce qui fonctionne bien dans une organisation (entreprise/fonction publique).
Il fait la distinction entre « boulot à la con » et « boulot de merde ». Ce dernier est important pour la collectivité : « femme de ménage, éboueurs, conducteur de bus, voire infirmière » . Si ces corps de métiers, mal payés débrayent : la société s’en aperçoit de suite et c’est la pagaille.

Les boulots à la con, non, puisqu’ils ne servent à rien. Ces métiers administratifs, de RH, de conseillers du conseiller du chef des études de projet où on ne travaille qu’une heure par jour… sans savoir quelles raisons ?
Suite à cette publication, l’auteur anarchiste a eu plein de témoignages et des discussions électroniques, qu’il rapporte dans son ouvrage. Des personnes parfois psychologiquement détruites.

Eric, par exemple, qui est un fils de prolos et qui par le biais de son travail sérieux à l’école obtient un diplôme d’ingénieur en informatique. Il se retrouve « administrateur d’interface » (sic) dans une boite de sous traitance en informatique. Il s’aperçoit qu’il ne sert à rien, il travaille 2h00 par semaine et fait tout pour se faire virer (retard, alcoolisation, manque d’hygiène volontaire). On lui refuse ses démissions… Pire que Gérard Colomb !
Il parvient à partir et va cultiver des légumes dans un squat pendant 6 mois…
David Graeber nous ouvre les yeux sur l’utilité d’un emploi. Ce système capitaliste qui contracte les postes de « boulot de merde » et les payent de moins en moins, pour créer des boulots qui ne servent strictement à rien à la communauté. D’où le malaise d’Eric fils d’ouvrier à qui on a inculqué la valeur du travail utile pour le collectif.
Se pose, dans ce livre, la notion du temps de travail et de sa répartition, dans un contexte où le chômage augmente malgré les politiques d’offre et de saccage de code du travail, menées les gouvernements libéraux qui se succèdent, depuis 30 ans.

D’après l’anthropologue américain : il faudrait tout remettre à plat pour changer cette société axée sur le travail. Émanciper le peuple, lui donner du temps libre en plus. Les prisonniers du boulots, que nous sommes, pourraient se consacrer à autre chose de ce qui les aliène le 3/5 de leur vie : art, musique, théâtre, lecture, éducation, aide à la personne, partage du savoir… Des activités, qui selon Graeber, sont saines et qui construisent aussi la société.
Et en plus : ça détendrait tout le monde…

Ce livre est passionnant, fait réfléchir, les anecdotes sont parfois drôles de désespoir et interroge le lecteur sur la construction de notre société occidentale qui va doucement à sa perte.

Moi, enseignant en LP, je trouve que mon travail est toujours utile mais il se « bullshitise » avec les mauvais cotés administratifs qui nous polluent de plus en plus, les projets inutiles, les pertes de temps à des réunions qui accouchent de rien et je pense que beaucoup font du « bullshit Job » dans les rectorats et le ministère. Je ne suis pas sûr qu’ils en soient heureux.

Article écrit par BB, prof en LP



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